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Compte-rendu de l'université populaire
Souveraineté et Projet National
Eté 2012, dixième édition
Posté le mercredi 10 octobre 2012 par icklhaiti

L'objectif poursuivi est de comprendre les diverses manifestations de la perte de la souveraineté, en découvrir les faiblesses et les forces pour pouvoir dans un premier temps la reconquérir, et dans un second temps qui lui est connexe, présenter les éléments pour un Projet National qui permettra de la consolider définitivement.

Institutions organisatrices :

Institut Culturel Karl Lévêque(ICKI), Le Programme Alternatif de Justice(PAJ), Institut d'Animation et de Technologie Appropriée(ITECA), la Société d'Animation et de Communication Sociale(SAKS) et la Plate-forme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA). La complicité entre les organisations organisatrices et les partenaires se renforce autour de l'Université Populaire d'Été.

Du 8 au 19 juillet exclusivement, ICKL, ITECA, PAJ, PAPDA et SAKS ont répondu une fois de plus à l'appel de leurs organisations partenaires. Il est devenu une coutume depuis plus de 10 ans de réaliser cet évènement d'éducation populaire dont l'intérêt et la réputation grandissent de jour en jour. Ce n'est pas un simple hasard que le nombre d'inscrits augmentent d'année en année jusqu'à dépasser cette fois-ci les limites de notre capacité de réception, dues à nos moyens financiers très réduits. Les participantes et les participants étaient au nombre de 110- avec une moyenne de 30% de femmes- alors que nous en attendions au maximum 100. Heureusement que les imminents professeurs de l'Université d'État n'ont jamais marchandé leurs interventions jugées de grande qualité. Ils ont répondu bénévolement à notre demande. Cela constitue notre apport local.

La préparation de l'Université populaire.

Les institutions organisatrices, les participantes et participants ont passé ensemble 12 jours. L'appréciation de cet évènement d'après l'évaluation de ces derniers est le résultat de plusieurs séances de préparation qui ont couvert le mois de novembre jusqu'aux premiers jours de juillet. Il a fallu travailler le projet, y trouver le thème central, préparer les modules, entreprendre les démarches auprès des organismes financiers, contacter les intervenants et s'assurer du local pour loger l'évènement. Celui-ci se trouve pour une troisième année consécutive à Montrouis, à quelque 90 minutes de la capitale Port-au-Prince.

Le déroulement de l'Université

Le dimanche 8 juillet et l'accueil.

L'accueil à partir du bureau de la PAPDA pour le grand Sud et un accueil pour le moins spécial à une station d'essence à Montrouis pour le grand Nord a mobilisé un personnel important de nos institutions. C'était le moment durant une bonne partie de l'après-midi pour identifier les arrivés, faire connaître à chacun où se loger et dans la soirée de concert avec eux, établir les critères de discipline et le mode de déroulement des différents modules et activités.

L'ouverture officielle de l'Université et ses premières activités académiques : le premier tronc commun.

Le responsable du Programme Alternatif de Justice M. Freud Jean, en présence des différents responsables des institutions responsables de l'évènement, a pris la parole le lendemain lundi 9 juillet. C'était pour ouvrir officiellement l'Université. Il a fait un cursif historique de ce qu'est une Université, son origine, sa raison d'être. Il a profité aussi pour fixer les objectifs de notre Université et son rôle dans le processus de formation et dans la construction du mouvement populaire haïtien. Le directeur de SAKS Sony Estéus a enchaîné avec le premier tronc commun prévu dans le programme comme animateur principal. Il était secondé par M. Fils-Aimé de l'ICKL, du professeur Chalmers et directeur de l PAPDA et de Freud Jean de PAJ, car il a été prévu que tous les intervenants soient assistés d'au moins d'une personne.

Le tronc commun a un double objectif : l'apprentissage d'une méthode d'analyse de conjoncture en vue de doter ces organisations d'une méthode leur permettant d'arriver à une autonomie et leur mise à niveau pour parvenir à une participation optima. Un travail en équipe en regroupant les départements suivant une logique de grandes régions -avec une présence de neuf départements sur 10, à l'exception de la Grande-Anse- a permis aux participants de mieux assimiler la méthode et d'échanger leur réalités concrètes sur le terrain. Ce tronc commun qui a duré 2 jours s'est terminé par une analyse sur les richesses minières- or, argent, cuivre entre autres- dont l' existence dans différentes régions du pays a été récemment reconnue par les multinationales avant même l'annonce du gouvernement. Nous avons connu, d'après M. Chalmers, de précédentes exploitations de bauxite par la Reynolds à Miragoâne dans les Nippes et de cuivre par la Sedren à Gonaïves dans l'Artibonite sans que cela n'ait rien changé ni au niveau micro, ni au niveau macro. Cette asymétrie se maintiendra longtemps toutes les fois que le pays ne connaîtra que cette forme de pouvoir où les intérêts nationaux sont subordonnés à ceux des multinationales et de leurs suppôts locaux.

L'éclatement en trois troncs distincts.

Nous avons eu pendant quatre jours, soit du mercredi 11 au samedi 14, trois troncs distincts : la section historico-politique, la section socio-économique et la section pédagogique et méthodologique. La séparation du programme de l'Université en trois branches ne signifie nullement une coupure tranchante entre la politique, l'économie et la pédagogie. Les trois sont intégrés dans un système qui a sa logique pour fonctionner dans l'optique pour perdurer. Nous avons procédé ainsi par souci méthodologique pour faciliter le déroulement et l'approfondissement des différents sujets traités au cours de l'Université autour de la problématique centrale : Souveraineté et Projet national.

RÉSUMÉ MODULE Section historico-politique

La section historico-politique animée par le professeur Roger Petit- Frère, le professeur et directeur de l'ITECA, Chenet Jean-Baptiste et Marc-Arthur Fils-Aimé, directeur général de l'ICKL

Trois grandes interventions ont sanctionné ce tronc avec la présence de quarante participantes et participants. Il y a eu d'abord le professeur Roger Petit-Frère qui pendant les deux premiers jours a fait une fine analyse sur l'origine du concept nation et de son application. C'est durant le 19ième siècle que le concept a commencé à se développer dans certains grands pays européens notamment l'Angleterre, l'Allemagne et la France. C'est un processus historique qui nous a conduits au niveau où nous sommes aujourd'hui avec ce modèle de démocratie qui devient de plus en plus exclusif au profit d'une minorité de riches. M. Petit-Frère a commencé par nous expliquer ce qu'est la bourgeoisie et les réactions distinctes qu'elle introduit : un nationalisme réactionnaire comme celui adopté par la dictature des Duvalier et un nationalisme populaire défendu par les progressistes et les révolutionnaires dans le respect des intérêts de la nation. La résistance des esclaves contre le colonialisme français et autres pendant plus de trois siècles soit des 1600 à 1800 se veut une réponse emblématique au nationalisme réactionnaire des colons et de leurs affidés.

L'essentiel de sa conclusion se résume ainsi. Nous devons savoir que la mentalité joue un rôle important dans la domination d'un peuple. Les pays dominants nous intoxiquent en nous disant que nous vivons dans des pays pauvres, et que nous sommes incapables de nous diriger nous-mêmes. L'égalité n'est pas quelque chose de mécanique. Celle dont nous avons besoin doit être l'œuvre d'une société organisée où les richesses sont équitablement partagées.

L'Intervention du Professeur Chenet Jean-Baptiste -Vendredi 13 juillet.

Le thème de cette intervention, c'est : Un projet politique, c'est quoi ?

Le professeur Chenet et aussi directeur de l'ITECA devait à partir des réflexions du professeur Petit- Frère aller dans un sens beaucoup plus pratique, plus près des réalités que nous vivons aujourd'hui. Ce sujet est d'un intérêt fondamental pour l'avenir du groupe. C'est pour aider les participantes et les participants à mieux gérer les luttes politique qui se déroulent dans le pays en général et dans leur communauté en particulier. Les membres des organisations de base s'impliquent de plus en plus dans la politique active en se portant candidats surtout au niveau des collectivités territoriales.

D'après M. Jean-Baptiste, tout projet politique repose sur trois gros piliers : Les intérêts de classe, la lutte pour atteindre ces intérêts et l'organisation pour canaliser la lutte. Après avoir fait de manière très succincte un survol historique des trois gros moments qu'a vécus le pays, il a rappelé les grands défis et les caractéristiques d'un projet politique alternatif. Pour le développement de son plan, il a divisé la salle en trois équipes de travail pour répondre aux questions suivantes :

-   Chaque groupe doit choisir 2 mots-clés pour expliquer ce qu'est un projet politique national.

-   Le projet politique et notre histoire nationale.

-   Quels sont les défis qui nous attendent et les caractéristiques d'un projet politique national alternatif ?

Les réponses obtenues ont facilité l'intervention de M. Jean-Baptiste qu'il a subdivisée en trois sous-thèmes pour aboutir à quelques grandes orientations pouvant nous aider à agir avec plus de clarté, de conscience et de détermination dans la lutte en vue de cette alternative.

L'intervention du directeur de l'ICKL, M. Marc-Arthur Fils-Aimé.

M. Fils-Aimé a été la troisième personne à intervenir dans cette section. Il devait prolonger l'intervention de M. Jean-Baptiste comme celui-ci a continué celle de M. Petit-Frère. Dans un premier temps, il a fait un tour panoramique des principaux modes de production que le monde a connus et dans un deuxième temps a organisé le groupe en ateliers pour produire de sa propre crue une proposition d'un projet politique et d'un programme alternatifs. En assemblée, on a fait une analyse critique du travail de chaque groupe avant d'arrivée sur un consensus d'un projet présentant des caractéristiques alternatives. Ce projet s'il est utilisé à bon escient peut devenir un outil apte à protéger les organisations des offensives des partis politiques et des politiciens candidats à la recherche d'électeurs et d'électrices. Résumé du module économie

Animé par le Professeur Camille Chalmers et secondé par M. Joseph Girardin Numa.

Le module économie de l'Université populaire d'été 2012 a été consacré à l'étude des rapports entre la question de la souveraineté, les projets nationaux et l'orientation des politiques publiques en vigueur en Haïti.

Dans un premier temps nous avons voulu, en utilisant une approche historico-structurelle, clarifier les concepts de base permettant de mieux appréhender les phénomènes étudiés et de déconstruire les fondements de l'idéologie dominante. Nous avons procédé à un examen minutieux des termes de la discussion autour de la question de la souveraineté nationale et des nouveaux défis de la construction de l'État-nation dans un contexte de globalisation accélérée qui modifie très profondément les missions réservées aux États, les relations entre les États des pays centraux et ceux des nations périphériques dans le cadre d'un système mondial violemment hiérarchisé. Du même coup nous avons analysé les principaux enjeux autour de l'émergence et de la consolidation des entités supranationales dans un contexte de grave crise structurelle du système capitaliste mondial.

Cette analyse s'est attachée également à déconstruire le discours nationaliste-souverainiste traditionnel en Haïti qui, sous couvert de revendications identitaires, simule un discours de rassemblement et d'unification nationale factice en tentant de gommer les relations d'exploitation et la réalité des classes sociales avec comme objectif de perpétuer des réactions conservatrices de repli sur soi et de négation de l'autre. Dans notre pays ces discours grandiloquents s'accommodent souvent d'une soumission totale face aux projets de domination impérialiste.

La question nationale présente donc de grandes complexités baignant dans de nombreux quiproquos et malentendus surtout dans le cas du parcours historique des 200 dernières années caractérisées par une violente mise en quarantaine de notre pays produit par une constante répression revancharde face à la transcendante victoire de 1791- 1804. Nous avons consacré une bonne partie de cette réflexion à fournir les instruments d'analyse permettant aux participants de décortiquer les processus de construction des rapports de dépendance économique, technologique, sociale, politique, culturelle et institutionnelle qui se sédimentent avec l'occupation américaine de 1915 à travers la constitution d'un champ politique et de ses répertoires d'actions étroitement surveillés par les intérêts de l'oligarchie et des puissances impérialistes. Dans le cadre d'ateliers de réflexion particulièrement productifs les participants ont tenté de caractériser les contours de cette dépendance et ses diverses expressions au niveau local et régional. Dans ce même ordre d'idées les exposés et les ateliers réalisés se sont efforcés de caractériser la dimension économique du projet actuel de domination et ses maladroites tentatives de renouvellement à travers le slogan : « Haïti open for business » mais surtout à travers une violente offensive visant à accaparer les terres occupées par la paysannerie pour les mettre au service de mégaprojets d'hôtel de luxe pour touristes, de zones franches industrielles de réexportation de produits textiles vers les USA, de mise en place de fermes de monoproduction de Jatropha (un agro carburant) pour le marché étatsunien, de mise en place de projets d'exploitation minière à grande échelle.

La question des projets miniers a particulièrement retenu l'attention des participants qui ont offert une grande quantité de témoignages sur les implantations illégales en cours dominées par les transnationales canadiennes et étatsuniennes (New mont Mining, EMX, Somine, etc…). Une analyse historique a permis de bien cerner la question depuis l'arrivée des troupes espagnoles en 1492 en passant par les désastreuses expériences de la SEDREN et de la Reynolds Mining corporation . Une cartographie des ressources minières de notre pays (or, argent, cuivre mais aussi iridium) a été analysée sous le thème « trop riche pour être pauvre » en identifiant le potentiel minier de toutes les régions du pays.

Au cours d'une autre session de travail l'application des politiques néolibérales a été décortiquée dans le but de mettre en lumière ces 3 principales conséquences : massification de la pauvreté, dépendance accrue notamment dans le domaine alimentaire et déstructuration des institutions.

Enfin le dernier segment du module a été consacré à identifier les principales caractéristiques d'un projet économique alternatif pour Haïti dans le cadre de rupture par rapport à une économie dominée par une logique de rente alimentant des circuits spéculatifs déconnectés de l'économie réelle. Rupture aussi par rapport aux mécanismes de reproduction de la violente exclusion des masses urbaines et rurales. Rupture par rapport au capitalisme rachitique outrageusement dépendant. Rupture par rapport aux formes de propriété et à l'absence d'espaces publics. Évidemment la mise en place de ce processus de ruptures exige une connaissance approfondie des potentialités économiques de notre pays et de ses réserves de productivité non utilisées mais aussi des conditions politiques rendant viable un processus de transition et l'accumulation de forces sociales et politiques capables de porter un projet de transformation de cette nature.

A la fin de ce module les participants ont adopté des engagements pour que leurs organisations respectives prennent des initiatives notamment sur les questions suivantes :

• l'identification des richesses de notre pays,

• l'identification des initiatives d'économie sociale et solidaire œuvrant à partir d'un principe de socialisation et de redistribution des richesses produites

• l'identification des principales grottes et leur rôle dans l'histoire économique, sociale et politique de notre pays

• diffusion massive et systématique des informations sur la question des exploitations minières

• Le suivi de la question de l'accaparement des terres au profit des Entreprises transnationales

Résumé module section pédagogie, Animé par Raoul Vital secondé par Marlyne Jenny Joseph

La section pédagogie de l'Université populaire 2012 a accueilli des instituteurs et institutrices d'écoles communautaires partenaires d'ICKL et d'autres acteurs du système éducatif formel notamment des enseignants et directeurs d'écoles qui ne sont pas des partenaires directs de l'Institut. Elle s'inscrit dans le cadre du programme d'accompagnement des écoles communautaires, initié en 2010. Cet accompagnement consiste en recyclage des instituteurs, en fourniture de matériels didactiques et mobiliers, en construction ou réparation d'écoles et subvention de fonctionnement.

La section pédagogie a accueilli, cette année, 30 institutrices et instituteurs de deux premiers cycles de l'école fondamentale. Les participants sont venus de différentes zones d'intervention de l'ICKL.

Objectifs du tronc pédagogie

La section Pédagogie de l'Université populaire été 2012 vise les objectifs suivants :

• Faciliter un partage d'expériences entre instituteurs et institutrices des écoles communautaires et autres acteurs du mouvement social et populaire haïtien ;

• Permettre aux professeurs des écoles communautaires d'acquérir de nouvelles connaissances et méthodes leur permettant d'améliorer la qualité de l'enseignement ;

• Réfléchir les défis et enjeux du système éducatif haïtien ;

• Fournir des outils de gestion scolaire au personnel administratif des écoles communautaires.

Méthodologie

Les activités de la section pédagogie se sont déroulées suivant une démarche participative qui valorise les expériences des participants. Les intervenants principaux ont été des animateurs qui facilitaient les échanges constructifs entre les participants. Les intervenants réagissaient ensuite pour des apports théoriques à partir d'exemples concrets. Les thèmes constituant le contenu de la section pédagogie ont été traités à partir d'exposés, d'échanges et d'ateliers. Il s'agit donc d'une démarche de construction de savoir à partir des expériences quotidiennes des acteurs impliqués.

Le contenu :

Le programme de la section pédagogie s'articulait autour de quatre modules portant sur les thèmes suivants :

a) Système éducatif haïtien, projet national et souveraineté nationale

b) Approche psychopédagogique de l'éducation : la nécessité de mettre l'individu au centre de la transmission du savoir

c) Théorie et méthode de l'enseignement des mathématiques à l'école fondamentale.

d) Administration scolaire

Résultats obtenus

La section pédagogie de l'année dernière a eu des impacts sur le niveau de l'enseignement dans les écoles communautaires. Cette année a été l'occasion de renforcer les acquis. La résolution qui a été adoptée en 2011 concernant les bonnes pratiques d'enseignement a été mise en application dans les écoles communautaires. L'évaluation de la branche pédagogie par les participantes et les participants a permis d'observer les résultats suivants :

o Les participants ont découvert les limites des méthodes et pratiques traditionnelles qui ne permettent pas l'épanouissement des écoliers ;

o Les participants ont compris la nécessité d'accorder une attention soutenue aux enfants en difficulté d'apprentissage et de placer les enfants au centre du processus éducatif ;

o Les participants ont acquis des connaissances sur la gestion de classes et gestion financière qui leur permettent d'améliorer le fonctionnement des écoles ;

o Les participants ont une meilleure compréhension des problèmes et enjeux du système éducatif haïtien.

Perspectives

La section pédagogie a permis non seulement aux enseignants des écoles communautaires de partager leurs expériences, mais aussi de rencontrer d'autres acteurs du mouvement social concernés - notamment des étudiants et professeurs de l'université d'Etat d'Haïti - par la problématique de l'éducation. Il s'agit maintenant pour ICKL de consolider les liens qui ont été établis en vue de renforcer les écoles communautaires. Des contacts ont déjà été pris avec les responsables de l'UEH pour permettre aux étudiants en Travail social et en sociologie de faire leur stage dans les écoles communautaires.

Résumé sur la communication, Animé par Sony Estéus et le journaliste Gotson Pierre

Dans le curriculum de l'université populaire cette année, la communication était traitée comme une thématique transversale et pour cause elle visait tous les participantes et les participants.

Objectif : Sensibiliser les participantes et les participants sur l'importance de la communication pour les organisations de base qui œuvrent effectivement pour une transformation sociale.

Contenu : La communication : définitions (philosophique et technique)

• La communication : un droit fondamental à défendre

• La communication au service de la promotion et la défense des autres droits humains, notamment ceux des femmes

• La communication comme pouvoir politique, idéologique, économique dans le monde et en Haïti.

• La place de la femme dans les radios communautaires au double titre : comme animatrice et dans le contenu de la programmation

• Communication populaire et communication dominante

• Moyens de communication et développement technologique

• Contrôle des moyens de communication

• Rôle et fonction des médias

• Communication et organisation

• Le rôle et l'importance d'un plan de communication pour l'organisation

• Le plan de communication interne pour renforcer les liens à l'intérieur de l'organisation

• Le plan de communication externe : informer, expliquer, convaincre et créer des alliances

• Stratégie de travail avec les médias pour les activités de mobilisation et de plaidoyer.

• Technique d'élaboration d'un plan de communication.

• Méthodologie : Pluie d'idées (brainstorming), échanges, exposés, travaux en équipe et séance plénière.

La série des conférences.

Nous avons eu cette année deux conférences. La première a été prononcée en soirée et la deuxième en matinée. Mercredi 11 juillet : Le rôle des femmes dans toutes les luttes de libération nationales.

Mme Marlyne Jenny Joseph, responsable de la question genre à l'ICKL a évoqué le rôle des femmes dans toutes les grandes luttes armées ou pacifiques en vue de la libération nationale depuis l'époque coloniale jusqu'à aujourd'hui. Contrairement aux idées préconçues où les femmes n'y ont joué qu'un rôle secondaire, elle a étayé sa thèse en démontrant dans bien des cas leur participation militaire à l'instar de Sanite Belair durant la guerre de l'Indépendance, ou militaro- stratégique comme certaines dirigeantes du Parti Unifié Communiste Haïtien (PUCH) dans leurs soulèvements contre la dictature duvaliériste durant la fin de la décennie des années 60.

Dimanche 15 juillet ; La conférence de Mme Myrtha Gilbert « Débat sur sa dernière publication » ''La SHADA : Une extravagante escroquerie'' »

Pour clôturer les recherches et les réflexions menées au sein des trois sections, nous avons invité la chercheuse et professeure Myrtha Gilbert pour nous entretenir sur sa dernière publication. Sa présentation tournait autour de son livre récemment publié : Un intéressant débat a eu lieu entre l'auteure et les participants, qui a permis de mettre à nu des éléments clés dans le processus de structuration de la dépendance de notre économie en relation aux USA. Il a permis aussi d'éclairer les participants sur ce qui a caractérisé le processus d'accumulation primitive au sein de notre économie dans le cadre d'un pillage intense et la tendance à la désorganisation de l'économie paysanne. Cette tendance a continué tout au long du XXème siècle et s'est renforcée avec des conséquences dramatiques au cours de la mise en place des politiques ultralibérales.

Les échanges inter organisationnels.

Nous avons maintenu les soirées pour passer des documentaires ou organiser des échanges entre les organisations. Cette pratique où les organisations expliquent leur champ d'insertion, leur méthode d'intervention, s'est toujours révélée intéressante. C'est toujours le moment où celles qui se ressemblent s'entendent pour tisser des liens plus structurels entre elles.

L'évaluation finale

Avant la fête traditionnelle qui clôture l'Université, nous avons toujours procédé à une évaluation et à une remise d'un certificat à chacun des participantes et participants.

Les commentaires émanant de cette évaluation ne différent pas d'un département géographique à un autre. L'appréciation générale :

L'Université est une réussite dans la façon dont sont choisies et organisées les sections. La méthode participative de tous les intervenants a capté notre attention et a facilité notre participation. Quelques critiques : Elles portent davantage sur la logistique : l'état des chambres à coucher, des toilettes. Elles méritent pour l'année prochaine de meilleurs aménagements. Les participants exigent plus de vigilance des animatrices et des animateurs pour une meilleure distribution de la parole. En assemblée, la parole est monopolisée par un tout petit groupe contrairement en ateliers où la participation est très élevée.

Quelques recommandations :

-   Augmentation du quota des femmes, du nombre des conférences.

-   Traitement des sujets se rapportant davantage à la problématique des femmes dans le mouvement populaire.

-   Organiser des séances d'approfondissement de certains sujets débattus au cours de l'Université Populaire d'après une logique de grandes régions d'après la configuration des équipes de travail qui ont été formées.

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