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MAUVAIS AVRIL
Posté le mercredi 26 avril 2006 par icklhaiti

26 avril 1986, Jour de Commémoration…

Appel à tous les secteurs démocratiques haïtiens Appel à tous ceux qui ne veulent pas que la démocratie régresse en Haïti Appel à tous ceux qui veulent que le mouvement démocratique constitue un bloc solide

Qu'ils n'oublient pas la signification de la date du 26 avril !

-   Le 26 avril 63 est le jour où Duvalier a étendu le processus de répression de son régime dictatorial sur l'ensemble du pays.

-   Le 26 avril 63 est le jour où Duvalier a supprimé tous les militaires patriotes qui avaient tourné le dos à son régime sanguinaire, parce qu'ils respectaient l'honneur de l'Armée d'Haïti.

-   Le 26 avril 63 est le jour où des écoliers ont vu le sang couler dans les rigoles.

-   Le 26 avril 63 est le jour où beaucoup de personnes qui ne sympathisaient pas avec Duvalier ont perdu la vie ainsi que toute leur famille : des bonnes, des nourrissons, même des voisins et des visiteurs…

Nous, groupements patriotiques, demandons à toutes les organisations patriotiques, à toutes les institutions démocratiques, à tous les citoyens conscients de tous les coins du pays (citoyens des mornes, des plaines, et des villes) de manifester leur solidarité en ce jour du 26 avril, contre toute forme de répression.

-   Nous demandons à tous les commerçants démocrates, à tous les industriels progressistes, à tous les services publics et privés qui travaillent le samedi 26 avril, de cesser toutes leurs activités à 11 heures du matin, pendant 5 minutes.

-   Nous demandons à toutes les églises du pays de sonner les cloches au même moment.

-   Nous demandons à tous les chauffeurs publics, à tous les chauffeurs privés, à tous ceux qui circulent dans les rues, à toutes les marchandes, d'observer un moment de recueillement durant ces 5 minutes, afin qu'aucun mauvais avril ne se reproduise encore !

Pour éviter une telle situation, il faut que tous les mouvements démocratiques, les comités de quartier, les associations progressistes et tous ceux qui veulent changer la face du pays fassent sentir leur présence et leur détermination.

-   Nous demandons aux catholiques, aux vodouisants, aux protestants, et à toutes les confessions religieuses, d'organiser une célébration spéciale ce jour-là.

-   Nous demandons à toutes les victimes de la dictature duvaliériste de ne pas se laisser intimider. Qu'ils portent plainte et témoignent contre les abus perpétrés sur eux ou sur leur famille, par des criminels qui sont encore en liberté et jouissent de l'impunité.
-   Nous demandons aux duvaliéristes de reconnaître que les actes posés le 26 avril 63 étaient des crimes qui ne doivent plus jamais recommencer.

(…)

Pour le Comité de Vigilance Patriotique (CVP) Emmanuel Ambroise Pour le Komite Inite Demokratik (KID) Dunois E. Cantave Pour le Konbit Demokratik Entènasyonal Ayisyen (KODEA) Jean Paul Duperval


Haïti Progrès vol. 4, numéro 4, 30 avril au 6 mai 2006 : « La Ligue des Anciens Prisonniers Politiques avait tenu à rendre un hommage public à la mémoire de tous les patriotes fauchés par le règne sanguinaire des Duvalier. A cette occasion était prévue la célébration d'une messe, à 7h30 AM, à l'Eglise Sacré Cœur de Turgeau, et une marche pacifique qui, partie de l'Eglise, devait s'arrêter un instant devant la maison des Benoît, ruelle Jérémie, emprunter le Chemin des Dalles, la ruelle St-Cyr et enfin, s'ébranler en direction de Fort Dimanche où tant de victimes avaient été inhumées… »


…En souvenir de la journée noire du 26 avril 1963

« Barbot frappe enfin. Il faudra cependant plusieurs jours avant que Duvalier apprenne l'origine du coup. Le vendredi 26 avril 1963, à sept heures vingt-cinq du matin, une limousine de la présidence s'arrête devant l'entrée du collège méthodiste, comme elle le fait chaque jour de classe. Les portières s'ouvrent et deux passagers descendent : Jean Claude Duvalier, un adolescent grassouillet, et sa sœur Simone âgée de seize ans. (…) La limousine est en train de faire demi-tour…Soudain une série de détonations. Le chauffeur ainsi que deux gardes du corps s'effondrent, morts. (…)

Comme il fallait s'y attendre, la réaction va être effrayante…Les duvaliéristes ont revêtu leur uniforme, qui de la milice, qui des Tontons Macoutes. L'arme à la main, ils déambulent par la ville, appréhendant quiconque est considéré par eux comme un adversaire du régime. La présidence a donné ordre d'arrêter tous les ex-officiers de l'armée. (…)

A son avis [François Duvalier], il ne peut s'agir que du lieutenant François Benoît. (…) Les camions [militaires et de Tontons Macoutes] foncent en direction de Bois Verna. (…) Armés jusqu'aux dents, … [ils] se lancent à l'assaut de la villa des Benoît…Au moment où ils débouchent, le vieux couple [les parents de François Benoît] se tient debout à l'entrée et parle à un visiteur. Une servante s'affaire tout autour. C'est au fusil que les hommes de Duvalier ouvrent le feu. Les vielles gens et leur interlocuteur sont quasiment coupés en deux…L'une des servantes arrive à s'échapper. Au coin de la rue, une rafale de mitraillette la cloue au sol. Ensuite les officiers donnent l'ordre de mettre le feu à ce qui reste de l'habitation. »

B. Diederich, A. Burt, Papa Doc et les Tontons Macoutes, éd. Deschamps, 1986, pp. 195-197.

Ce jour-là, les foudres vengeresses de François Duvalier ont coûté la vie à une cinquantaine de personnes dont deux bébés âgés de 8 et de 18 mois. Sans aucun doute, le pouvoir duvaliériste attendait pareille occasion.


…26 avril 1986 devant le Fort-Dimanche Marche pacifique à l'appel de la Ligue des Anciens Prisonniers Politiques Haïtiens qui devait aboutir devant le Fort-Dimanche pour rendre hommage aux victimes de la dictature des Duvalier


L'armée tire sur les manifestants devant le Fort-Dimanche. Bilan : environ une dizaine de morts, dont le jeune militant Fred Coriolan.


Les ruines de Fort-Dimanche, prison où périrent des centaines d'opposants au régime des Duvalier

« Le cachot [de Fort-Dimanche] avait l'allure d'une pièce de caveau de nos cimetières. Peut-être même était-il plus étroit. Il mesurait 1,80m de long sur 0,70m de large. Devant l'unique porte d'entrée était placée une marmite de cinq livres qui servait pour les besoins physiologiques…Du premier cachot, me venait un gémissement qui me paraissait celui d'une femme. Celui-ci fut accompagné d'un bruit de chaîne. Immédiatement, je fis l'association : une femme dans les chaînes… »

Claude A. Rosier, Le Triangle de la Mort, Journal d'un prisonnier politique haïtien, p. 32

« Sous le régime des Duvalier, Fort-Dimanche était une prison infâme où étaient incarcérés les prisonniers politiques et de droit commun. Ceux qui ont survécu à la détention ont expliqué que les prisonniers étaient battus et que bon nombre d'entre eux ont succombé aux tortures ou sont morts d'inanition. Selon divers témoignages, les cadavres des prisonniers ont été enterrés aux alentours de la prison. »

République d'Haïti, Rapport de la Commission Nationale de Vérité et de Justice, Ch. V - 1.1.


Fort Dimanche, le massacre du 26 avril 1986. Peinture de Voltaire Hector

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